Je suis parti vivre à…. Magdalena – Tayrona park, Colombie

Après un passage par le Nunavik au Canada, on continue notre tour du monde avec Aymeric, qui est parti vivre en Colombie, et plus précisément à Magdalena, à côté du parc national de Tayrona. Une belle aventure à découvrir avec lui dès à présent.

Bonjour Aymeric. Avant de commencer, peux-tu te présenter en quelques mots.

Bonjour Xavier. Je suis un français de 37 ans, vivant en sur la côte caribéenne colombienne depuis un peu plus de 4 ans, où j’ai créé un Boutique Hostel nommé Bohemia Beach.

Nous nous sommes rencontrés au Brésil il y a maintenant 6 ans, et tu travaillais sur Paris. Qu’est-ce qui t’a poussé, après la fin de ton voyage, à tenter cette nouvelle aventure en Colombie ?

Je suis tout simplement tombé amoureux du pays lors d’un nouveau voyage, quelques mois après notre rencontre. Et j’ai pu observer un contexte économique et touristique très favorable à l’investissement étranger. Ajoute un coup de foudre avec une beauté colombienne et l’équation est complète.

Avant de t’installer à côté du Parc Tayrona, connaissais-tu la région ? Et pourquoi cette dernière en particulier ?

Si tu ouvres un guide touristique sur la Colombie, le TOP5 des sites recommandés inclura invariablement le Parc Tayrona, la Cité Perdue, Carthagène… Nous avons la chance d’être situés à 15 minutes des deux premiers mentionnés. C’est une région incroyablement belle qui contient plages de rêve, rivières préservées, montagnes, jungle ainsi que Santa Marta, la plus ancienne ville d’Amérique Latine.

Comment s’est passé ton acclimatation avec les locaux, nouvelle façon de vivre, etc?

Les Colombiens sont extrêmement accueillants et agréables. Ils sont de plus très contents de voir le tourisme enfin arriver dans la région. S’adapter à certains aspects de leur mode de vie peut s’avérer délicat mais dans l’ensemble, je ne peux être que reconnaissant de la manière dont j’ai été accueilli.

Il est difficile de donner un jugement global car tout le monde est différent, mais comment décrirais tu le Colombien dans les grandes lignes ? Sa façon d’être, ses désirs, sa vision du monde.

Il faut savoir que la Colombie, encore plus que la France, est excessivement régionaliste. Elle se compose en réalité de plusieurs grandes régions avec des cultures marquées par de profondes différences. Je ne peux que parler pour la région où j’ai le plaisir de vivre: le Magdalena. Ici les gens sont réputés pour ne pas être les plus grands travailleurs du pays 🙂 ils préfèrent en effet se regrouper en famille ou amis dans les bars et billards pour boire des Aguila. Sans vouloir tomber dans le cliché, le mode de vie des CaraÏbbes se reproduit un peu dans tous les pays de ce golf. Musique, dance, bières. On ne se soucie pas trop du lendemain ici. A l’inverse, les gens de l’Antioquia ou de Bogota sont beaucoup plus entrepreneurs et centrés sur la planification.

Si tu devais mettre des mots sur ta qualité de vie actuelle, comment la définiriez-tu ?

Tranquilidad y Sabrosura. Les deux maitres mots de la culture colombienne. Notions élevées au rang de vertus sacrées pour les Colombiens!

Tu as beaucoup voyagé par le passé (j’image comme nous tous via une folle envie de découverte et aussi apprendre des autres), mais est-ce que ton nouveau petit paradis se suffit à lui même, et te fait dire « J’ai tout ce qu’il me faut ici pour le moment, pas besoin d’en découvrir plus » ?

Nous changeons tous. Et nous nous adaptons tous. Evidemment en faisant le saut Paris -> jungle colombienne, j’ai dû renoncer à certaines passions et habitudes chères à mon équilibre. Finis les musées & expos, les cinés de qualité, les restos parisiens, etc. Auparavant, je n’aurais jamais songé être capable de vivre sur une île comme Koh Tao de peur de tourner en rond. C’est en fait beaucoup plus facile et agréable que je ne le pensais. C’est en très grande partie dû à l’impressionnante richesse de la région dans laquelle je vis. Car, hormis une grande ville et son attrait culturel, il y a ici absolument tout ce qui me rend heureux. Amis, atmosphère jeune et internationale, nature en abondance, mer, montagne, nombreuses fêtes… et surtout j´ai infiniment plus de temps libre que durant ma vie parisienne.

En voyant les photos, on a l’impression que vous êtes coupé du monde, est-il facile de s’y faire en venant de Paris plus précisément ?

Vol Paris-Bogota (10h). Vol Bogota-Santa Marta (1h). Bus: Santa Marta-Bohemia Beach (1h30). Rien de bien impressionnant pour le voyageur chevronné. Et le cadre vaut bien le déplacement car c’est justement cet isolement qui permet de vivre au contact de la nature, réveillé le matin par les singes hurleurs et le bruit des vagues.

A quoi ressemble une journée type dans la région où tu as posé tes valises?

Je suis quelqu’un qui fuit la routine donc je ne saurais pas vraiment te dire. Du travail forcément, et aussi beaucoup de temps libre et bons moments quotidiens avec mon staff et nos charmants guests. Je vis les plus beaux jours de ma vie pour l’instant.

Pour les futurs voyageurs, comment situerais-tu le coût de la vie, par rapport à celui de France en général ?

Environ 5 fois inférieur. Mais mon point de comparaison est Paris, donc quelque peu biaisé.

La France justement, et ta relation avec elle. Comment la définirai tu à 10 000 km de là? Te manque t-elle ?

Je ne suis pas rentré au pays depuis 4 ans. La France m’a beaucoup manqué les deux premières années. Aujourd’hui c’est plutôt l’inverse, j’ai un peu peur de rentrer 🙂 . Chaque année je prends un vol et me vois contraint de l’annuler, ou l’oublier (true story)… Cette fois-ci c’est le COVID-19 qui me fait encore une fois louper mon rendez-vous avec l’Hexagone.

Est-ce une option d’un jour se dire, « allez je rentre pour une nouvelle aventure » ou alors la Colombie c’est ton chez toi pour le plus longtemps possible maintenant ?

Pour l’instant, je ne vois pas un pays où je pourrais plus me plaire que la Colombie. L’énergie entrepreneur du pays est tout simplement dingue ! Tous mes amis ont des projets supers sympas et il reste tout à faire. Un vrai terroir d’opportunités! Je suis déjà concentré sur deux nouveaux projets. Donc pour le moyen terme, c’est ici que je me projette. Après tout peut arriver et je ne sais pas de quoi demain sera fait. J’aimerais re-voyager long-terme un jour et il n’est pas impossible que la montée des eaux mette fin à cette belle aventure qu’est le Bohemia.

Avant de terminer, je vois ton hôtel, ta plage, son côté écologie et c’est très beau à voir, du coup quel est ton regard sur le monde de nos jours, sa pollution, non respect de la nature et j’en passe ? Y a t-il un impact sur la région où tu-es ?

Je vais être sincère: une partie de moi est venue vivre ici pour échapper à l’effondrement du reste du monde. L’homme est vraiment devenu fou et je suis convaincu de la réalité scientifique de notre impact catastrophique sur les éco-systèmes. Je suis très pessimiste quant à la prochaine décennie et c’est pour cela que je considère chaque jour vécu dans ce paradis comme un privilège, tout en étant conscient que ce temps est surement et malheureusement compté…  Au Bohemia nous faisons notre maximum pour réduire l’impact de nos opérations sur notre environnement, mais j’ai bien peur que ce ne soit pas à notre échelle que ce joue le véritable enjeu. Il faut un véritable changement des modes de consommation en l’Occident, et une meilleure sensibilisation dans les régions défavorisées où la conscience écologique est inexistante. Ce pourrait être l’un des combats que je mènerai ces prochaines années ici en Amérique Latine, maintenant que le Bohemia est à flot.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

Tout le bonheur du monde ? N’est-ce pas le seul objectif après tout?


Pour suivre Bohemia Beach –

 

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