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Je suis partie vivre… à Montréal, Canada

Réaliser son rêve et partir vivre à Montréal au Canada, c’est ce qu’Elisabeth a fait il y a quelque temps. Elle prend le temps de nous raconter son histoire, adaptation, etc. 

 

Sommaire : 

Partir vivre à Montréal au Quebec

L’installation et l’acclimatation à la vie à Montréal

Bonjour Elisabeth. Peux-tu te présenter en quelques mots stp ?

Bonjour Xavier ! Je suis Elisabeth, j’ai 32 ans et j’habite depuis un peu plus d’un an la belle ville de Montréal avec mon conjoint et nos deux chats. Je raconte mes périples et mon installation au Québec dans mon blog Un loukoum à l’érable.

Qu’est ce qui t’attirait dans l’idée de partir vivre à Montréal et quelles furent tes démarches ?

Je suis venue à Montréal et au Québec à plusieurs reprises, en 2009, 2015 et 2017 avant de m’y installer en 2021. J’ai eu un coup de cœur pour la province et pour Montréal en particulier lors de mon premier voyage et il s’est renouvelé à chaque fois que j’y suis revenue. Je m’y suis à mon aise et pas du tout stressée (et pas seulement en raison du fait que j’y étais en vacances!).

J’avais entendu parler de la bonne qualité de vie qui y régnait et l’atmosphère parisienne me poussait de plus en plus à la porte. Le fait que j’aie de la famille sur place a aussi aidé à ma décision de partir. J’avais en effet envie de passer plus de temps avec eux. Aujourd’hui, nous habitons tous dans le même quartier.

Côté démarches, c’est principalement l’entreprise de mon conjoint qui s’en est occupée. Le processus a été plutôt rapide entre leur proposition de mutation et notre départ et je raconte tout plus en détails ici : https://un-loukoum-a-l-erable.com/mon-parcours-dimmigration-au-quebec/

Il n’est jamais évident de devenir expat. Quelles étaient tes craintes ?

Les craintes qui m’occupaient sont celles de beaucoup d’expatriés et immigrés. L’une d’elles concerne le fait de mettre de la distance avec mes proches en France. Je savais que nos relations allaient s’étioler un peu mais j’essaye de faire des efforts pour garder le contact.

J’avais aussi peur de ne pas réussir à m’intégrer, d’avoir le mal du pays. Et aussi que mon conjoint ne se plaise pas autant que moi à Montréal et veuille retourner en France (c’est en effet sa première expérience de vie hors de l’Ile-de-France). Heureusement, rien de tout cela n’est arrivé, bien au contraire !

Avais-tu des a priori avant ton expatriation et ces derniers se sont-ils avérés vrais ?

Oui, notamment le système de santé québécois ! En France, on a beau dire que le système est déplorable, c’est pourtant l’un des meilleurs au monde (même s’il manque de moyens mais c’est une autre histoire !) alors j’avais peur de perdre beaucoup en termes d’avantages de santé et de facilité à se faire prendre en charge en cas de pépin. Aujourd’hui, je trouve que le système québécois n’est pas si mauvais, en tout cas en ville. J’ai toujours réussi à prendre rendez-vous avec des praticiens compétents tout en me faisant rembourser totalement ou correctement par la sécurité sociale québécoise et/ou ma mutuelle. Je n’ai jamais eu de gros ennuis de santé ici (je touche du bois !) et je n’ai jamais eu à aller aux urgences où les délais de prise en charge sont très longs. Bref, cet a priori s’est à l’heure actuelle dissipé.

Autre point très important quand on émigre au Québec : il faut se préparer au froid. Pour mon premier hiver complet, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Je m’attendais à des grosses tempêtes, du froid insupportable etc. Et bien en fait, tout s’est bien passé. Il fait froid certes, mais les Québécois sont bien équipés et avec un bon manteau, l’hiver peut être génial !

La vie de tous les jours et les Montréalais

Comment s’est passée ton adaptation de manière générale, côté appartement, travail etc?

Globalement plutôt bien ! J’ai un logement que j’adore et un travail qui me convient bien avec une équipe cool. Je pense que je suis bien tombée donc ça aide à se sentir bien dans ses baskets. J’ai l’impression de m’être bien adaptée parce que j’étais bien renseignée et informée, sur les bons comme les mauvais côtés de la vie à Montréal. Je ne me suis pas fait d’illusion, je savais qu’il y aurait du négatif alors quand on est bien préparé, l’adaptation se passe toujours mieux.

Le fait d’avoir de la famille sur place pour poser des questions fut un gros plus pour mon adaptation évidemment. Ça permet d’avoir des racines déjà sur place et de se sentir moins seul. S’entourer de gens dans la même situation que soi aide aussi grandement à se créer une vie sur place et d’apprécier le quotidien.

Comment nous décrirais-tu les Montréalais et Québécois ? Leurs joies, peurs, envies, vision du monde etc ?

Les Montréalais sont des personnes très agréables, pas stressantes pour un sou, qui ont un sens plus développé du respect et de l’espace personnel qu’en France par exemple. Si l’on est perdu, on peut toujours demander son chemin sans se heurter à un mur et il y a un peu plus d’ordre dans la rue je dirais. Par exemple, quand je suis arrivée ici, j’ai découvert les files d’attente pour le bus, c’est surprenant de voir que les gens respectent l’ordre d’arrivée et on y prend vite goût !

Pour leurs joies, peurs, envies et vision du monde, c’est une très bonne question ! J’ai peu de Québécois dans mon entourage proche en dehors du travail et je n’ai pas encore eu l’occasion de poser cette question. Je ne voudrais pas faire de généralités non plus car tous les Québécois sont différents, qu’ils soient nés au Québec ou bien émigrés, qu’ils habitent en ville ou en région. Donc, joker ?

On trouve toujours que les Canadiens sont très gentils et avenants. Quel fut l’accueil qu’ils t’ont réservé lors de ton arrivée ?

Oui en effet, ça rejoint un peu ma réponse précédente d’ailleurs. Au travail notamment, tous mes collègues québécois sont très avenants et toujours prêts à aider au besoin. Ce sont des personnes très agréables à côtoyer.

J’ai été bien accueillie lors de mon arrivée même si les Français n’ont pas toujours bonne réputation auprès des Québécois. Mais si l’on s’adapte au fonctionnement local, il n’y a pas de raison de ne pas se faire accepter.

Concernant la vie au travail, y a-t-il un fonctionnement avec des différences notables en comparaison avec la France ?

Oui c’est le jour et la nuit entre la France et le Québec ! Et d’autant plus pour moi que j’ai changé de secteur d’emploi. À Paris, je travaillais dans le tourisme dans une petite structure privée, je faisais beaucoup d’heures, parfois le week-end et en soirée. Depuis un an, j’occupe un poste dans une université à Montréal et je ne travaille plus les week-end ni le soir ! Avant, si je rentrais pour 19h chez moi, j’étais contente. Maintenant, je termine à 16h30 et je suis chez moi 30 minutes plus tard pour profiter du reste de ma journée.

Le rythme de travail n’est pas le même car il existe une grosse conciliation travail/famille. D’autant plus dans le secteur public (mon domaine actuellement).

Il y a certes moins de congés payés qu’en France (2 semaines minimum légales) mais le rythme est tout autre. Et encore, j’ai de la chance car j’ai 5 semaines de congé, ce qui n’est pas répandu au Québec.

Aussi, l’une des grosses différences est le dynamisme de l’emploi au Québec, au Canada en général. En raison de la pénurie de main-d’œuvre actuelle, il est plus facile de quitter son travail pour un autre. On trouve du travail facilement et on peut quitter un emploi tout autant facilement s’il ne nous plaît pas. Dans l’autre sens, on peut aussi se faire licencier du jour au lendemain mais on a dans ce cas plus de garantie de retrouver autre chose derrière.

As-tu l’occasion durant tes temps libres de visiter le Québec ou autres régions du Canada ? Si oui, quels seraient tes incontournables et lieux hors des sentiers battus ?

Oh que oui ! J’ai visité pas mal d’endroits mais je suis toujours en quête de ma prochaine destination ! L’un des attraits d’habiter à Montréal est que l’on peut être dans un parc en moins d’1h. Le Québec est une région incroyable pour tout ce qui est nature, il y a toujours une balade à faire. En dehors du Québec et du sud de l’Ontario (que j’ai visité cet été, en voici un aperçu : https://un-loukoum-a-l-erable.com/category/voyages/canada/ontario/ ), je n’ai pas encore visité d’autres lieux au Canada mais ça s’en viendra un jour.

Ma liste d’incontournables serait très longue ! Mais si je devais résumer, pour Montréal je dirais : le Mont-Royal, le Vieux-Montréal, le Vieux-Port, le jardin botanique. Et en dehors, l’offre est tellement colossale que c’est dur de choisir. Mais par exemple, en dehors de Montréal ce pourrait être : la ville de Québec et le parc de la Chute Montmorency, le Saguenay et Tadoussac pour voir les baleines en saison, le lac Saint-Jean, la Gaspésie, les parcs régionaux comme le Mont-Orford, Oka, la Mauricie et j’en passe ! Et ça c’est seulement au Québec.

Pour les lieux hors des sentiers battus, ma liste est toujours en cours et j’ai encore plein d’endroits à découvrir dont je ne connais probablement pas l’existence. Parmi mes lieux préférés à l’heure actuelle, je pourrais par exemple conseiller d’aller dans des petites villes si l’on a le temps comme Chambly, Trois-Rivières, Thetford Mines, Victoriaville, où il y a plein d’opportunités de visites méconnues.

Pourquoi aimer Montréal et la suite de l’aventure

Quels mots mettrais-tu sur ta qualité de vie au Canada ?

En trois mots peut-être : agréable, sereine et flexible. Ma qualité de vie s’est grandement améliorée depuis que j’habite à Montréal, tant au niveau matériel qu’émotionnel. D’un point de vue purement pratique, j’ai un meilleur salaire pour de meilleures conditions de travail, j’ai un meilleur logement (finis les appartements étriqués parisiens). Je viens de Paris, alias la ville la plus chère de France, donc les coûts des choses en arrivant à Montréal ne m’ont pas choquée. Je suis habituée à vivre dans une ville chère donc la différence était à peine perceptible.

Certes la vie est plus chère sur certains aspects (comme la nourriture, les restaurants, les lieux culturels) et cela ne s’est pas amélioré avec l’inflation mais j’ai un meilleur pouvoir d’achat donc ça compense un peu.

Mes journées sont plus relax, je profite mieux de mon temps libre et de mes week-ends. Montréal étant une ville très verte, on ne se sent pas forcément étouffé en se baladant dans ses rues. C’est plus grand, moins dense, bref moins stressant.

On met souvent en avant la poutine comme spécialité canadienne, mais y a-t-il d’autres plats traditionnels que tu aimes déguster ?

La poutine a beau être l’emblème culinaire québécois, il n’empêche que leurs spécialités sont plutôt variées. On trouve beaucoup de plats et de desserts à base de sirop d’érable (What else?). Au printemps, à la saison de récolte, il y a d’ailleurs une tradition culinaire : on va dans une cabane à sucres pour déguster tout un repas à base de sirop d’érable et c’est très bon ! Mais attention, évitez les oreilles de crisse (sauf si vous aimez le gras de cochon frit).

On trouve aussi du gibier (plus qu’en France, même si je n’en mange pas) comme du cerf ou du bison. Montréal est connue notamment pour ses bagels et sa viande fumée, on en trouve un peu partout. Et puis en dessert, il faut avoir l’estomac bien solide pour dévorer des queues de castor ou des beignes (en gros, de la pâte frite avec de la garniture sucrée).

Et puis n’oublions pas une boisson pour accompagner le tout ! Les Québécois sont très forts en bière et cidre. On trouve de nombreuses microbrasseries et cidreries à travers la province. Ils produisent aussi du vin ou du cidre de glace à base de fruits récoltés gelés.

En comparaison avec la France, comment places-tu la variété culinaire au Québec ?

La cuisine québécoise est relativement riche (dans tous les sens du terme) mais peut-être moins variée qu’en France où l’on trouve un choix incomparable (c’est peut-être mon côté chauvin qui parle ici). C’est difficile de comparer le Québec et la France car ils ont des traditions culinaires complètement différentes.

On trouve tout de même une belle offre, surtout à Montréal où beaucoup de cuisines internationales se rencontrent.

Qu’est-ce qui te fait aimer Montréal et souhaites-tu y rester ?

J’aime Montréal pour sa facilité de vivre. Une fois qu’on connaît et comprend ses rouages, il est facile d’y évoluer. En plus d’être une ville agréable à vivre, c’est une ville qui bouge beaucoup et qui propose un large panel d’activités, quelle que soit la saison. Il y a du choix pour tous : jeunes, familles et moins jeunes. Montréal est une ville qui se vit.

Je souhaite y rester encore un bon moment car j’ai encore plein de choses à y découvrir. Je m’y sens bien alors que demander de plus ?

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

De pouvoir rester encore de longues années légalement à Montréal ! Il faudrait pour cela que mon permis de travail soit renouvelé lorsqu’il arrivera à échéance l’an prochain. Je souhaiterais

Aussi faire une demande de résidence permanente – qui est souvent un parcours de longue haleine pour les immigrés comme moi qui souhaitent rester. Alors je m’arme de patience et en attendant, croisons les doigts !


Pour suivre la suite de cette aventure et vivre à Montréal par procuration –

Découvrez nos autres interviews « parti vivre à… » ci-dessous –

 

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